Ce projet de voyage itinérant dans le nord-est était depuis longtemps dans les cartons ; y terminer mon Brevet des Provinces Françaises n'est que le fruit du hasard.
La logistique est minimale. Mes bagages : un sac de selle, un sac de guidon et un mini sac à dos. Je privilégie clairement le poids face au confort sachant que les hébergements sont exclusivement hôteliers avec une réservation 48h à l'avance.
Le voyage en train à destination de Strasbourg est stressant. Le vélo démonté et emballé ne rentrant pas dans les compartiments bagages nécessite une surveillance à chaque arrêt. Le remontage sur les quais de la gare se passe sans encombre.
En ce milieu d'après-midi la circulation est peu dense et je me retrouve vite en dehors de la ville en direction de Haguenau après avoir dû emprunter quelques trottoirs faisant office de pistes cyclables.
Il fait chaud dans la plaine d'Alsace où des orages sont annoncés pour la soirée. A la sortie de la forêt de Haguenau je vois désormais les Vosges du Nord, but de cette première étape.
Au fur et à mesure que je me rapproche du massif le ciel vire du bleu ciel au bleu nuit ce qui n'annonce rien de bon. La montée du col de Pfaffenschlick, courte mais raide, se fait dans une demi-pénombre. Je décide donc de reporter au lendemein l'ascension du col des Pigeonniers.
La descente sur Lembach est à peine engagée que des bourrasques de vent se lèvent accompagnées de trombes d'eau. Je trouve refuge sous l'avant-toit d'une maison abandonnée en me collant bien contre le mur pour me protèger de l'eau et de la chute éventuelle d'une tuile. La tempête se calme au bout d'une vingtaine de minutes me permettant de finir de descendre sur Lembach.
Je décolle de bonne heure de Lembach après avoir rendu visite à la boulangerie du bourg car des orages sont encore annoncés pour l'après-midi.
Je commence par terminer le bout d'étape occulté hier soir en montant à Climbach puis au col du Pigeonnier sans oublier son voisin muletier, le col du Birkenthal. Les routes sont jonchées de débris végétaux suite à la tornade de la veille.
Demi-tour vers Climbach pour poursuivre vers Petit Wingen et accéder aux cols Schaufelshald et de Litschhof qui se passent sans s'en rendre compte. Je me retrouve finalement pour quelques kilomètres dans la vallée tout près du départ avant d'attaquer le court mais raide col de Goetzenberg suivi du col gratuit de Petersbaechel atteint après trois cents mètres de descente !
Une petite muletade est désormais au programme pour aller chercher deux cols : le col de Klingelsfels atteint par un large sentier puis le col de Wasigenstein. Je ne peux malheureusement accéder à ce dernier car un arbre tombé la veille barre le chemin. Impossible de le contourner avec un ravin à l'aval et un gros talus à l'amont.
Je fais donc demi-tour plus tôt que prévu pour me retrouver de nouveau dans la vallée du Steinbach en direction d'Obersteinbach, premier BPF du périple. Une boulangerie aurait été la bienvenue mais je dois m'en passer et pointe dans une épicerie à la ferme.
Je repars en direction du Windstein en passant par le bucolique col du Langthal, échelle 0 pour la difficulté. Arrivé au Windstein je fais un aller-retour au col des 2 Windstein, un raidard.
Me voici désormais à Niederbronn-les-Bains, station thermale animée. Je repère un vélociste malheureusement fermé car j'ai perdu mon antivol dans les événements d'hier soir.
Je me dirige vers Philippsbourg second BPF du jour. Quelques cols jalonnent la crête entre les deux bourgs. C'est trop tentant ! Me voici dans l'ascension du col de Borneberg muletier en marge de la route. Je poursuis par les cols du Pottaschkopf, de la Liese et du Riesthal très roulants avant de redescendre sur Philippsbourg. Tous ces cols des Vosges du Nord sont agréables à parcourir au milieu d'une végétation dense et rafraîchissante qui fait du bien au milieu de cet été torride .
A Philippsbourg le seul commerce du village, une auberge, est fermé. Je pointe donc avec une photo avant de revenir sur Niederbronn-les- Bains vent dans le dos pour la première fois depuis Strasbourg !
Je déjeune avec une pizza avant de retourner voir le vélociste. Il ne vend pas d'antivol mais m'indique un Bricomarché où je trouve mon bonheur.
J'arrive à Oberbronn, fin de l'étape, vers 15h sous les grondements du tonnerre suivis une heure plus tard d'une bonne pluie qui perdure le reste de la soirée. Les deux cols pinquée au dessus du village attendront demain matin !
Une fois n'est pas coutume, je rentre au couvent... mais seulement pour la soirée et la nuit !
Le temps est frais avec un ciel couvert pour accompagner les premiers coups de pédales.
Je fais en aller-retour les deux cols laissés hier soir : le col de l'Ungerthal et le col d'Holdereck. La sortie du village nécessite un bel effort mais la suite est cool sur une route déserte.
De retour à Oberbronn la route moutonne sérieusement jusqu'à Ingwiller puis Weiterswiller d'où je fais un crochet vers le col de la Tête du Christ, un col original avec sa sculpture taillée dans le grès.
Je redescends vers Neuwiller-les-Saverne, petite cité vivante au riche patrimoine.
A la sortie du village un couple de cigognes occupe son nid.
Je suis désormais en terrain connu après ma visite dans le coin du mois d'avril. Je longe le canal de la Marne au Rhin dédié au tourisme fluvial avec de nombreux randonneurs qui parcourent ses berges. Je fais une pause ravito et tampon à Lutzelbourg, BPF de Lorraine. Je viens de changer de région !
N'étant pas pressé je fais un détour pour aller voir le plan incliné d'Arzviller mis en service en 1969 permettant d'éviter 17 écluses en 4 km !
Je poursuis ma route jusqu'à Sarrebourg où je déjeune l'après-midi étant consacré à la lessive.
Petites contrariétés au départ de Sarrebourg. Le GPS m'affiche un message d'erreur qui ne veut pas partir malgré plusieurs redémarrages de l'appareil. J'ai tout de même une partie de la trace en haut de l'écran ; il me faut donc anticiper les changements de direction. N'ayant d'autre part pas pris de petit déjeuner pour cause de départ matinal je ne trouve pas de boulangerie ouverte en ville. Je dois attendre une quinzaine de kilomètres avant de me restaurer à Gondrexange. Si je savais qu'au nord les chocolatines sont des pains au chocolat j'apprends ce matin que les pains aux raisins sont ici des « escargots » aux raisins !
Je retrouve la voie verte qui longe le canal de la Marne au Rhin, une portion parsemée d'étangs et de lacs. Le col des Français rompt la monotonie ; un drôle de col positionné à 50 m du canal sans le moindre relief mais bien présent sur les cartes IGN !
Je quitte la voie verte à Moussey pour aller tout près de Dieuze.
Conséquence du changement de direction j'ai désormais vent de face dans des paysages dégagés. Marsal, BPF du jour n'est plus très loin. Je pointe au musée du sel. La préposée à l'accueil mérite la palme de l'accueil : sympa, souriante, elle me propose de faire le plein du bidon. Comme je le subodore c'est une cyclote, désormais à vélo électrique me précise-t-elle.
J'ai mis désormais cap au sud-ouest vent dans le dos cette fois pour retrouver le bucolique canal de la Marne au Rhin jusqu'à Lunéville où je le quitte. Je sens que je me rapproche de Nancy avec une circulation plus dense et des sites industriels.
Il est midi. Je fais mes achats à Saint-Nicolas-le-Port et mange sur le pouce près de la basilique, un édifice enchassé dans la vieille ville.
J'attaque désormais le col du Minet par Coyviller.
Passé le col, je n'ai plus de trace sur le GPS, certainement encore un caprice de l'appareil et je redescends sur Tonnoy où je fais le point. En fait, je n'ai pas fait demi-tour comme prévu au col du Minet. La plaisanterie va me coûter une bonne dizaine de kilomètres supplémentaires avant de voir Nancy...
Cette étape est la plus longue, tutoyant les 140 km pour une dénivelée modeste de 900 m.
Mon GPS a retrouvé ses esprits après une bonne nuit de repos ! C'est à n'y rien comprendre.
Mon programme prévoit de démarrer par les cols routiers proches de Nancy. Le col de Pulnoy, périurbain n'est pas très agréable à aller chercher à cause de la circulation et des pistes cyclables de mauvaise qualité.
Je retourne sur Nancy jusqu'à Essey pour attaquer le col urbain de Sainte-Geneviève à la pente sévère où je suis à la limite avec le vélo chargé.
Je redescends sur Saint-Max et me retrouve sur les bords de la Moselle que je longe par une voie verte jusqu'à Custines où je bifurque vers les collines avoisinantes. Vous avez bien-sûr deviné que ça sent les cols !
Après un long faux plat la route se cabre dès la sortie de Faulx jusqu'au col de Bratte.
Les cols de Vassuchamps et de Sivry, tous deux muletiers se font en aller-retour. Du village de Sivry je rejoins la Moselle en passant par les cols de Serrières et de Millery.
Je n'ai plus qu'à suivre la Moselle jusqu'à Pont à Mousson avant d'aller chercher le BPF de Mousson par une méchante bosse où je dois mettre pied à terre. Le retour se fait par le col de Lesménils.
Pont à Mousson est une petite ville vivante où le cyclotourisme tient une large place grâce à la voie bleue qui relie Luxembourg à Lyon via la Moselle et la Saône.
L'après-midi est consacré à la lessive et au repos avant d'aller faire un petit tour en ville.
La feuille de route du jour est simple : suivre la Moselle en lui faisant trois infidélités pour glaner les cols routiers du secteur. C'est ainsi que je quitte rapidement la vallée de la Moselle vers l'est en direction de Bouxières et Lorry pour accéder au col d'Arry.
Quelques kilomètres plus loin à Corny-sur-Moselle je mets cap à l'ouest pour un aller-retour jusqu'au col du Rudemont. Je reviens sur la voie bleue assez fréquentée jusqu'à Moulins-les-Metz d'où je pars dans les collines pour me hisser jusqu'au col de Lessy.
J'espérais avoir une belle vue sur Metz, BPF ; c'est raté, la perspective étant toujours bouchée. L'arrivée en ville ne pose pas de problème. J'ai bien aimé cette ville chargée d'histoire où la Moselle se divise en plusieurs bras. Il me faudra y revenir sans le vélo.
Sortir de Metz est aussi facile que d'y entrer, l'accès à la voie bleue étant bien signalé. La sortie nord de la ville est industrielle.
Il me reste trente kilomètres sans la moindre bosse pour rallier Thionville terme de l'étape, mais le vent de face forcit au fur et à mesure de ma progression.
Bizarrement mon hôtel ne propose pas de petit déjeuner. J'en profite pour partir dès le jour levé après avoir avalé le pain au chocolat et l'escargot aux raisins achetés la veille.
Il fait vraiment frais ce matin . Je pars en direction de l'ouest et passe tout près de Florange et Hayange, des noms tristement célèbres. Les paysages d'abord fermés s'ouvrent à partir de Fontoy. Je roule désormais dans une plaine céréalière.
Après Audun-le-Roman je suis sur les terres de la bataille des Frontières, premiers combats de la première guerre mondiale en août 1914 comme en témoignent les nécropoles nationales de Fillières et Pierrepont.
Je ne suis plus très loin de Longuyon mon dernier BPF, le der des ders ! Une certaine émotion me gagne à la vue du panneau, terme de ce beau challenge réalisé en 11 ans et 2 mois bien que ce ne soit pas et de loin le plus beau.
Après un virage à 120° je file désormais vers Verdun vent dans le dos. J'arrive sur les lieux de cette bataille par le secteur de Vaux. Ces lieux de mémoires sont toujours aussi impressionnants. Je poursuis par Fleury puis Douaumont où j'arrive à midi, heure du glas qui sonne deux fois par jour à midi et dix-huit heures.
Je consacre une bonne partie de l'après-midi à la visite de la citadelle souterraine en wagonnet qui n'est pas sans rappeler la visite des mines de Cripple Creek dans le Colorado.
Il ne me reste qu'une petite étape pour terminer ce périple : une soixantaine de kilomètres pour rallier Meuse TGV et rentrer à la maison, avec un gros détour pour aller chercher le col des Etots.
Mon hôtel est situé sur la voie sacrée, route qui relie Bar le Duc à Verdun où passait toute la logistique nécessaire à l'armée engagée dans les combats de la bataille de Verdun. J'aurais bien aimé la suivre sur quelques kilomètres mais elle est vraiment trop dangereuse.
Après une vingtaine de kilomètres je me retrouve à l'arrière du front de la bataille de Verdun, pour preuves une « rue de l'hôpital » à Ippecourt puis un monument dédié aux services de santé des armées française et américaine près de Wally.
Je suis désormais tout près du col des Etots, un col routier que j'aborde par un versant... muletier. Un mauvais traçage qui nécessite un assez long poussage heureusement facile !
Il n'y a pas grand chose à dire sur la fin de l'étape si ce n'est que je ne trouve aucun commerce sur ma route pour acheter à manger. Comme Meuse TGV est juste une gare posée en rase campagne il ne me reste qu'à grignoter ma réserve de barres de céréales en attendant une restauration plus conséquente à Paris.
Le voyage retour est plus confort qu'à l'aller car j'ai pu trouver des billets avec vélo non démonté.
Strasbourg – Lembach : 61 km ; 650 m D+ ; 1 col Lembach – Oberbronn : 89 km ; 1450 m D+ ; 2 BPF ; 13 cols Oberbronn – Sarrebourg : 82 km ; 1000 m D+ ; 1BPF ; 3 cols Sarrebourg – Nancy : 139 km : 900 m D+ ; 2 BPF ; 2 cols Nancy - Pont à Mousson : 85 km ; 900 m D+ ; 1 BPF ; 8 cols Pont à Mousson – Thionville : 88 km ; 800 m D+ ; 2 BPF ; 3 cols Thionville – Verdun : 106 km : 1250 m D+ ; 1 BPF Verdun - Meuse TGV : 66 km : 650 m D+ ; 1 col